RÉFLEXIONS AU SUJET DE LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN

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RÉFLEXIONS AU SUJET DE LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN

La parabole du bon Samaritain (Luc 10 v.25 à 37) nous parle d’un homme qui a été roué de coups par des brigands. Très certainement, cet homme ne s’attendait pas à une telle mésaventure : on pense généralement que cela n’arrive qu’aux autres…

Ainsi donc, le malheur frappe soudainement et l’on se retrouve parfois bien seul, comme ce fut le cas pour Job : non seulement on se détournait de lui, mais on se raillait même de lui et on l’accusait de mille maux ! L’homme religieux, plutôt que de porter secours, devient parfois ennemi par des jugements sans miséricorde, jugements qui peuvent d’ailleurs être erronés (c’est le cas des amis de Job, et c’est aussi le cas des disciples de Jésus qui voyaient dans le malheur de l’aveugle de naissance un jugement de Dieu).

 

Celui qui porte finalement secours au malheureux est celui qu’il n’espérait pas. C’est ainsi que l’aide dont nous avons besoin peut venir de quelqu’un que nous n’attendions pas, peut-être même de celui qu’on ne souhaitait pas ! Nous savons que les Juifs n’aimaient pas les Samaritains, et traiter quelqu’un de Samaritain était donc insultant ! C’est ainsi que Jésus, dont le message déplaisait grandement à plusieurs, était qualifié de Samaritain : « Les Juifs lui répondirent : N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (Jean 8 v.48). Au travers de cette critique, on comprend combien les Samaritains étaient mésestimés et combien Jésus était considéré comme un imposteur ! Sans doute faut-il ici dénoncer les préjugés, souvent tenaces et tellement infondés ?!

Jésus était d’autant moins apprécié qu’il avait des Galiléens pour équipiers ! C’est sans doute la raison pour laquelle on lui a parlé de ces Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices (Luc 13 v.1). Après tout, ne s’agissait-il pas d’un juste châtiment de Dieu ? N’est-pas ainsi que plusieurs s’empressent d’interpréter les maux qui s’abattent sur certains pays ou sur certaines personnes ? Mais Jésus évoquait alors ces dix-huit personnes sur lesquelles était tombée la tour de Siloé et qui étaient mortes : ces habitants de Jérusalem étaient-ils eux aussi frappés par Dieu ? Certains répondront alors que, pour ces derniers, il ne s’agissait sûrement pas d’un châtiment mais de l’épreuve de ceux qui sont pieux…Je connais ce triste genre de raisonnement : « quelqu’un est-il touché par un malheur, c’est certainement parce qu’il a péché ! Suis-je touché par le même mal, c’est parce que – dans ma grande piété – je suis éprouvé ! »

Jésus a osé parler publiquement à une femme Samaritaine dont la réputation n’était certainement pas très bonne. Chose remarquable, les habitants de la ville ont cru, d’abord grâce au témoignage de la femme, ensuite à cause des paroles de Jésus, le tout sans miracles !!! De retour en Galilée, Jésus osait ce reproche : « Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point » (Jean 4 v.48). Les Samaritains étaient donc plus réceptifs, malgré leurs préjugés à l’égard des Juifs (Jésus était Juif) !

Était-il normal qu’il y ait des brigands au sein du peuple de Dieu ? Si Israël avait su comprendre et mettre en pratique les enseignements de l’Éternel, il aurait fait bon vivre en Israël, en toute sécurité et dans une grande solidarité ! Hélas, on constate que les prophètes ont dû bien souvent reprocher au peuple toutes sortes de méfaits, de violences, d’abus, de parjures : la religion ne change vraiment pas le cœur de l’homme ! Sommes-nous bien certains qu’il n’y ait pas des gens aux comportements douteux au sein des églises ? Hélas, il y a des « chrétiens » en prison, non pas à cause de leur foi, mais à cause de leurs actes mauvais ! 

Il se peut que l’homme blessé ait prié, réclamant le secours de Dieu : Était-il habitué à prier, ou bien est-il de ceux qui ne prient que lorsqu’ils sont dans le besoin ? Il a alors sans doute cru à l’exaucement lorsqu’il a aperçu un sacrificateur…Espoir déçu ! « Un espoir différé rend le cœur malade, mais un désir accompli est un arbre de vie » (Prov.13 v.12). Les Israélites marchèrent 3 jours dans le désert sans trouver d’eau ; arrivés à Mara (Ex.15 v.22 à 26), ils ont été réjouis et ils ont probablement béni le Seigneur…jusqu’à ce qu’ils découvrent que l’eau était amère ! Espoir déçu, sentiment d’être trompé, trahi ! Ce qui avait semblé être la solution ne l’était pas…ou plus exactement, elle l’était sous réserve de l’intervention de Dieu. Pour l’homme dont nous parle Jésus, la solution n’est pas celle que cet homme envisage, mais la solution vient d’un homme abhorré, d’un étranger, soupçonné d’idolâtrie : le Samaritain. Dieu peut utiliser qui il veut et au moment qui lui parait le plus opportun : les gens qui m’ont conduit au Seigneur me disaient qu’ils étaient parfois bénis par leurs ennemis…  

Alors que je m’efforçais d’aider une famille dans un contexte très particulier, et au terme d’une journée harassante, j’entendais sur mon répondeur téléphonique une voix qui me semblait très bizarre : quelqu’un que je ne connaissais pas et qui proposait son aide. Ma première réaction fut relativement négative, la voix que j’entendais me paraissant vraiment trop étrange : il me semblait que cela allait ajouter un problème aux problèmes déjà existants ! MAIS…c’était LE Samaritain (non pas qu’il soit de Samarie, vous comprenez), quelqu’un qui allait être très précieux dans l’affaire qui me préoccupait ! Le secours de l’Éternel ne manque jamais, même s’il se manifeste parfois (souvent ?) de manière inattendue, de manière étonnante, de manière quelque peu déroutante !

Pour le docteur de la loi, le prochain devait certainement être du même parti que lui, ou quelqu’un qu’il appréciait naturellement. « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux…Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains n’agissent-ils pas de même ? » (Mat.5 v.43 à46). S’il ne s’agit que d’aimer ceux qui nous aiment, nous ne faisons pas plus que les païens ! Jésus cite volontairement les publicains, parce qu’ils étaient haïs : n’étaient-ils pas réputés malhonnêtes et traitres (des « collabos ») ? C’était d’ailleurs l’une des choses que l’on reprochait à Jésus, le fait qu’il n’hésitait pas à côtoyer les publicains, allant même jusqu’à manger chez l’un d’eux, nommé Zachée…Ce dernier recevait Jésus et s’engageait à réparer les torts commis et à donner la moitié de ses biens aux pauvres : Qui dit mieux ? Se souvenir des pauvres, c’est ce qui avait été recommandé par les apôtres à Paul qui déclare avoir eu bien soin de le faire…

Dieu veut donc nous amener dans une autre dimension et nous faire découvrir ô combien ses voies sont admirables, même si elles nous déconcertent parfois. D’ailleurs, soyons prêts à être bousculés par le Seigneur !